đŹ Le projet MED-OOC : des organes sur puces pour remplacer les animaux en laboratoire, mais pas que !
Chaque annĂ©e, câest plus de 2 millions dâanimaux qui sont « sacrifiĂ©s » pour la science. Parmi eux, les rongeurs bien entendu, mais aussi les lapins, les cochons ou encore les chiens ne sont pas Ă©pargnĂ©s par les tests cliniques ! Cette fois-ci, la France agit. Elle soutiendra, dans le cadre du plan France 2030, un projet de recherche visant Ă remplacer les animaux dans les recherches scientifiques Ă la hauteur de 48,4 millions dâeuros pour une durĂ©e de 6 ans.
Un projet ambitieux répondant à plusieurs problématiques de la recherche actuelle
MED-OOC, câest un projet qui est nĂ© Ă Grenoble Ă la Maison Minatec le 4 juillet 2025. Pour remĂ©dier Ă lâutilisation animale en laboratoire, menant trĂšs souvent Ă la mort de ce dernier, des chercheurs imaginent une technologie reproduisant des organes humains, mais sur des puces, ce qui donne en anglais OOC (Organ On Chip), dâoĂč le nom « MED-OOC ».
Pour arriver Ă leurs fins, le jeune projet sera pilotĂ© par le CEA, le CNRS et lâInserm. Lors de ces 6 prochaines annĂ©es, les chercheurs des laboratoires de recherche participants devront dĂ©velopper ces organes ou organoĂŻdes sur puces dans trois buts majeurs : limiter voire remplacer les modĂšles animaux en recherche, fabriquer des « jumeaux cliniques » Ă partir des cellules dâun patient qui permettront de crĂ©er des traitements personnalisĂ©s, et observer le dĂ©veloppement de maladies ou dysfonctionnements afin de leur trouver des remĂšdes.
Avec ce systĂšme encore sur papier, ils espĂšrent pouvoir fournir de meilleurs traitements aux patients atteints de tumeurs, reconstituer les fonctions principales dâorganes pour modĂ©liser les interactions cellulaires, et prĂ©dire la rĂ©action dâun patient Ă certains traitements.
Des épisodes illustrés pour vulgariser leurs travaux
Pour mieux comprendre leur projet, MED-OOC lance une sĂ©rie de petits Ă©pisodes illustrĂ©s, schĂ©matisant et expliquant le fonctionnement de la technologie attendue de maniĂšre vulgarisĂ©e. Ce projet, dessinĂ© par Ana Garre DebiĂšs et co-Ă©crit avec leurs Ă©quipes, ne comporte que 2 Ă©pisodes pour lâinstant, mais se veut mettre en avant leurs objectifs, leurs stratĂ©gies, et les avancĂ©es du projet en temps rĂ©el !
Faciles Ă lire et entiĂšrement imagĂ©s, ils permettent de comprendre oĂč le projet veut en venir, et comment leurs objectifs peuvent ĂȘtre atteints par le biais de ces puces.
Des puces commercialisables et efficaces
Loin dâĂȘtre les prĂ©curseurs de cette idĂ©e « dâorganes sur puce », MED-OOC se veut tout de mĂȘme trĂšs innovant. Les systĂšmes actuels existants ne sont pas tous uniformes. RĂ©alisĂ©s dans diffĂ©rents laboratoires, les cellules utilisĂ©es dans ces puces sont majoritairement en 2D. Câest-Ă -dire que les cellules ne se dĂ©veloppent que sur une seule couche complĂštement plate, ne permettant pas de reproduire lâorganisation complexe des tissus en organes. Lâavantage de MED-OOC, câest alors leur structure 3D pour le dĂ©veloppement de leurs cellules, qui peuvent prendre la forme souhaitĂ©e, et donc amĂ©liorer les rĂ©sultats des diffĂ©rentes expĂ©rimentations. Leur but est Ă©galement de crĂ©er des « puces intelligentes », qui seraient munies de capteurs permettant de suivre en temps rĂ©el la rĂ©action dâun organe, Ă un produit que lâon testerait dessus par exemple.
Le but de ces organes sur puces est donc dâĂȘtre compatibles et industrialisables pour leur fournir un accĂšs simplifiĂ© Ă de nombreux laboratoires, et ainsi remplacer lâutilisation animale, en plus des prĂ©cisions quâelles permettent. La recherche annonce encore beaucoup de dĂ©couvertes pour lâavenir de nos sociĂ©tĂ©s, et dĂ©laisser le bien-ĂȘtre animal au prix de ces avancĂ©es serait une vraie entaille Ă nos mĆurs Ă©thiques. Tout en soulageant cet aspect sombre de nos laboratoires de recherche, ces organoĂŻdes ou organes sur puces permettraient dâaller plus loin dans lâanalyse des effets de beaucoup de traitements, et de sâadapter Ă des cas distincts de patients.